20 ans après le lac Meech… Pas grand-chose

Cette semaine, tout le gratin politique fête et se rappelle les 20 ans de l’Accord du lac Meech et son échec. Il semble, par contre, que ces souvenirs n’éclatent pas dans les chaumières en raffermissement adroit d’objections et de discernement.

Quel était le fondement de cet accord, pour justifier autant de remous, principalement en face du Québec, près d’un quart de siècle après sa déconfiture?

Rappelons-nous que l’accord présentait essentiellement cinq modifications à la Constitution canadienne :

  1. Une reconnaissance du Québec comme société distincte;
  2. Que le Québec et les autres provinces disposent d’un droit de veto à l’égard de certains amendements importants à la Constitution;
  3. Le droit de retrait d’une province, avec compensation, de tout programme initié par le gouvernement fédéral dans un domaine de compétence provinciale;
  4. Une reconnaissance accrue des pouvoirs provinciaux en immigration;
  5. Que les trois juges québécois de la Cour suprême du Canada soient nommés par le gouvernement fédéral sur proposition du gouvernement du Québec.

Évidemment, chacune de ces mutations avait pour but de bloquer le Québec, dans la législation Canadienne et de donner les pleins pouvoirs au Canada sur le destin du Québec, tout en forçant la main de la province francophone à la ratification de la Constitution canadienne. Malgré tout, le point un représentait pour plusieurs, une ouverture de la part du Canada sur les préoccupations politiques du Québec. En raison d’une vive opposition et de l’échec du vote relatif au Manitoba, l’accord ne s’est jamais concrétisé. C’est pour faire suite à cet échec que le Bloc Québécois fut fondé, sous forme de coalition, après le départ de plusieurs membres du Parti libéral et du Parti progressiste-conservateur.

Cette coalition informelle, qui se voulait initialement temporaire, devait défendre et promouvoir, au parlement fédéral, le projet de souveraineté jusqu’au lendemain de la victoire référendaire.

Au fil du temps, en face de deux défaites référendaires, l’utilité du Bloc à toujours été remis en cause. Les Québécois ont limité leur colère et leurs indignations. Les Québécois se sont eux-mêmes peinturés dans le coin, laissant toute la place au Canada et à ses machinations.

Absorbés par les illusions que nous donnent le Canada, le peuple québécois à cesser de croire aux forces qu’il possède. Stephen Harper a soutenu cette véreuse cavalcade.

En 2006, alors que le Bloc Québécois s’apprêtait à présenter une motion accordant au Québec sa reconnaissance comme nation, le premier ministre Harper a sabordé le Parlement canadien en proposant la définition du Québec comme nation au sein d’un Canada uni (( http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2006/11/22/002-Harper-nation-Quebec.shtml )). L’intention était de faussement résoudre une problématique politique en leurrant la population qui soutenait le Bloc Québécois. En donnant l’illusion, par un jeu de mots habile, d’une ouverture de la part du gouvernement canadien, Stephen Harper colmatait temporairement une brèche.

Subséquemment, ce que certains appellent le « fédéralisme d’ouverture » (( http://irq.qc.ca/journal/2007/6/12/de-la-reconnaissance-du-quebec-a-celle-des-quebecois-retour.html )) est rapidement accusé d’opportunisme électoral par les sceptiques. D’ailleurs, le colloque « 20 ans après Meech », organisé par le Bloc Québécois, proposait une réflexion sur l’avenir du Québec au sein du Canada, mais quel avenir? Il semble que nous subissons les politiques de deux gouvernements (provincial et fédéral) réactionnaires et malicieux, le Québec perd de plus en plus de plumes et est laissé à lui-même.

Le cynisme politique envahit actuellement le Québec. L’obsession du pouvoir de Jean Charest et son Parti libéral influence négativement l‘intérêt des Québécois pour la chose politique, alors que la population devrait s’élever contre nos dirigeants (provinciaux et fédéraux) pour exiger une transparence ainsi qu’une saine gestion. Malheureusement, la plupart ferment les journaux et changent les postes.

Il est temps que le peuple québécois s’ouvre réellement les yeux pour cesser de se faire tromper, entre autres, en s’emparant entièrement du pouvoir politique et économique qui lui revient. Le Québec est être mûr pour une nouvelle révolution, possiblement un brin moins tranquille…

Avoir le droit de mourir

Le Parti Libéral du Québec et Jean Charest ont annoncé qu’ils acceptaient de tenir une grande consultation populaire afin de prendre le pouls de la société et des citoyens du Québec en ce qui attrait à la question de l’euthanasie.

La concrétisation de la proposition du Parti québécois aura permis d’apprendre que 84% des médecins spécialistes et 74% des omnipraticiens se sont dits ouverts à un débat sur cette délicate question.

Jusqu’à maintenant, le PLQ ne s’est avancé qu’à créer un comité qui rencontrera principalement des spécialistes du domaine afin d’établir certains paramètres potentiels.

Un ami à moi me laissait entendre que les lobyings pharmaceutiques allaient faire pression afin qu’aucun résultat affirmatif à cette consultation ne découle en la réalisation d’un vaste programme national lié à l’euthanasie.

Apparemment, la souffrance et l’agonie et une denrée rentable et une réelle petite mine d’or.

Mais derrière cette technocratie complexe et cette volonté capitaliste dégueulasse, il y a des êtres humains, qui ne le sont plus réellement parfois.

L’euthanasie ou le suicide assisté est déjà une pratique acceptée et institutionnalisée aux Pays-Bas, en Belgique et au Luxembourg. Est-ce que le Québec est prêt à cette révolution du milieu hospitalier, laissant peut-être enfin la chance à ceux qui le désirent d’avoir le droit de mourir…

L’évidence même

Jean Charest

Il y a quelques semaines, divers médias laissaient entendre une nouvelle fois que le gouvernement libéral de Jean Charest était pris dans un tourbillon de corruption politique.

Le cas de David Whissel a récemment été mis au jour. Nous avons alors appris que le Ministre était l’actionnaire principal de l’entreprise ABC Rive-Nord et que cette compagnie avait été bénéficiaire d’un très grand nombre de contrats gouvernementaux sans aucun appel d’offres.

Devant ce conflit d’intérêt plus qu’évident l’opposition officielle n’a pu qu’observer les refus ininterrompus des libéraux à ouvrir une enquête publique pour faire toute la lumière sur les rumeurs de collusion au sein du PLQ et du domaine de la construction.

Le rapport déposé par le vérificateur général du Québec, monsieur Renaud Lachance, a clairement démontré que le Parti Libéral du Québec n’était pas épargné par les soupçons de collusion et de corruption.

LCN laissait entendre hier, que des entrepreneurs, des élus et des gens d’influences se sont rencontrés lors d’une réunion organisée à l’hôtel Sheraton de Laval.

À cette soirée, on note, en outre, la présence de Tony Tomassi, le Ministre de la Famille et député Libéral, ainsi que de trois des plus importants entrepreneurs en construction qui d’ailleurs, se sont séparés, sur quatre ans, la rondelette somme de 150 millions de dollars en contrats.

De plus, on apprend que l’un des dirigeants de la société Écolosol aurait organisé un important cocktail de financement pour le Parti libéral du Québec. Écolosol est une compagnie à numéro ayant comme principal actionnaire nul autre que monsieur Tony Accurso.

Avec le temps qui avance et l’étau qui se resserre autour du gouvernement de Charest, on se demande non seulement comment un individu peut faire pour bêtement croire que le PLQ présente patte blanche mais aussi combien de temps s’écoulera avant que le Québec soit le théâtre d’une élection générale. Il nous est également permis de nous questionner sur la légitimité du PLQ d’être au pouvoir.

Le slogan du parti aux dernières élections était “L’économie d’abord”. L’économie oui, mais laquelle? Celle de leurs petits amis et contributeurs illégaux?

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